Accoler (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
XI e siècle, acoler, au sens 1. Dérivé de col, forme ancienne de cou.
1. Class. Étreindre quelqu'un en jetant les bras autour de son cou. Il accola affectueusement son camarade. Pron. En se revoyant, ils s'accolèrent longuement. Par anal. Accoler une outre, la prendre dans ses bras pour boire. Accoler une bouteille, boire au goulot.
2. Placer côte à côte, assembler, joindre. Accoler des pièces de bois dans une charpente. Accoler une aile à un bâtiment. Accoler un préfixe à un verbe. Deux mots accolés. Fixer des rameaux, des sarments à un support. Par méton. Accoler la vigne, la relever et la lier à l'échalas.
Deux losanges accolés, se touchant dans le champ de l'écu
Les écus de France et de Navarre étaient ordinairement accolés, placés l'un à côté de l'autre.
Têtes accolées, dont les profils se superposent partiellement, sur un camée, une médaille ou une pièce de monnaie
3. Réunir par une accolade ; rassembler sous une même rubrique. Accoler deux articles d'un même compte.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Jeter les bras autour du cou de quelqu'un en signe d'affection. "Il me vint
"Accoler la cuisse,
"Accoler la vigne," La relever et la lier à l'échalas.
Fig., "Accoler deux ou plusieurs articles dans un compte," Les réunir par une accolade; ou bien Comprendre sous une seule marque, sous une seule somme deux ou plusieurs articles de compte.
Fig. et fam., "Accoler deux personnes, deux noms dans un même discours," Les y présenter, les y faire figurer à côté l'un de l'autre. "Je ne suis point content de me voir accolé dans votre récit avec un tel."
Le ACCOLÉ, ÉE, est adjectif et se dit, en termes de Blason, de Deux choses attenantes et jointes ensemble. "Les écus de France et de Navarre étaient ordinairement accolés."
Il se dit dans le même sens, en termes de Numismatique, de Deux têtes jointes sur la même médaille, sur le même camée. "Plusieurs camées antiques d'une grande beauté offrent des têtes accolées."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Embrasser en jetant les bras autour du cou.
RÉGNIER: « .... Lors, se tournant vers moi, M'accole à tour de bras... »
2 Accoler la cuisse, la botte à quelqu'un, lui embrasser la cuisse, la botte, ce qui était une marque de grande soumission et d'infériorité.
3 Accoler la vigne, l'échalasser.
4 Réunir par une accolade. Accoler deux ou plusieurs articles dans un compte.
5 Fig. Faire figurer ensemble. Il accola ces deux hommes, ces deux noms dans son discours.
6 S'accoler, v. réfl. Se donner l'accolade
7 S'embrasser, s'unir, en parlant de la vigne, du houblon, etc.
HISTORIQUE
XIIème siècle
QUESNES: « Et vous avez, par Dieu, meilleur envie D'un bel valet baiser et
Ronc. 202: Et doucement les a touz acolez
XIIIème siècle
Fl. et Bl. 2597: Ensanle [ensemble] dorment doucement, Acolé sont estroitement
Ch. d'Ant. III, 477: Assez fu Buiemons baisié et acollé
RUTEB.: « Briefment, tuit clerc fors escoler Vuelent avarisce acoler »
Berte, 3: Charles Martiaus meïsmes court son fil [fils] acoler
XVème siècle
FROISS.: « Si les festa liement et baisa et accola chacun de grant coeur »
CH. D'ORL.: « Lors j'accolle mon oreille et crie : Merci amours.... »
CH. D'ORL.: « Dieu a les bras ouverts pour t'acoler, Prest d'oublier ta vie pecheresse »
XVIème siècle
MAROT: « C'est le saint nom du pape qui accolle Les chiens d'enfer, s'il lui plaist, d'une estolle »
MONT.: « Lors accollant chauldement son mari.... »
MONT.: « Ils estoient joints face à face et comme si un plus petit enfant en vouloit accoller un plus grandelet »
MONT.: « Le lierre corrompt et ruine la paroi qu'il accole »
ÉTYMOLOGIE
À et col. D'après Palsgrave, p. 23, on prononçait les deux c.
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Jeter les bras au cou de quelqu'un en signe d'affection. "Il me vint
"Accoler la cuisse,
"Accoler la vigne," La relever et la lier à l'échalas.
Fig., "Accoler deux ou plusieurs articles dans un compte," Les réunir par une accolade; ou bien Comprendre sous une seule marque, sous une seule somme deux ou plusieurs articles de compte.
Fig. et fam., "Accoler deux personnes, deux noms dans un même discours," Les y présenter, les y faire figurer à côté l'un de l'autre. "Je ne suis point content de me voir accolé dans votre récit avec un tel."
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Jeter les bras au cou de quelqu'un en signe d'affection. "Il me vint
On dit, "Accoler la cuisse,
On dit, "Accoler la vigne," pour dire, La relever et la lier à l'échalas.
On dit figurément, "Accoler deux ou plusieurs articles dans un compte," pour dire, Comprendre sous une seule marque, sous une seule somme deux ou plusieurs articles de compte.
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Jeter les bras au cou de quelqu'un en signe d'affection. "Il me vint
On dit, "Accoler la cuisse,
On dit, "Accoler la vigne," pour dire, La relever & la lier à l'échalas.
On dit figurément, "Accoler deux ou plusieurs articles dans un compte," pour dire, Comprendre sous une seule marque, sous une seule somme deux ou plusieurs articles de compte.
1ère définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
["Akolé", 3e"é" fer. tout bref.] Dans le sens d'"embrasser", il ne se dit qu'en plaisantant. Il "me" vint "acoler"; et ainsi "s'acoler:" 'ils "s'acolèrent" avec grande amitié.
2ème définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
ACCOLER, v. act. On dit, "acoler" deux "ou" plusieurs articles. "dans" un compte: les comprendre sous une seule marque. ACAD. '"Accoler l'un à" l'autre, "l'un avec" l'autre; "une" chose "à" une autre, "avec" une autre. "Marin".
Emplacement dans le dictionnaire :
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Joris-Karl HUYSMANS (À rebours)...les plus lointaines, il désignait souvent d'un terme donnant à la fois, par un effet de similitude, la forme, le parfum, la couleur, la qualité, l'éclat, l'objet ou l'être auquel il eût fallu accoler de nombreuses et de différentes épithètes pour en dégager toutes les faces, toutes les nuances, s'il avait été simplement indiqué par son nom technique. Il parvenait ainsi à abolir l'énoncé de la...
Citation n°2 de Pétrus BOREL (Rhapsodies)
...pâlir et reculer ; et les deux vétérans, la mine moins hautaine, se regardent sans se parler. Plus surpris et défaits que dans la nuit fatale, et, dans son fol enivrement, une fille qui croit accoler son amant, et qui baise au front sa rivale. ADROIT REFUS Ah ! Ne m'accusez pas d'être froid, insensible ; d'avoir l'oeil dédaigneux, le rire d'un méchant ; d'avoir un coeur de bronze à tout...
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